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Réintégration fiscale à la levée d'option : ce qu'il faut provisionner

C'est la ligne que la plupart des plans de financement oublient. À la levée d'option, une partie des loyers déjà payés redevient imposable, sur un seul exercice, au moment précis où l'entreprise sort aussi la trésorerie du prix de levée.

Pourquoi une réintégration existe

En crédit-bail immobilier, le loyer est en principe une charge déductible. Mais le bien financé comprend un terrain, et un terrain ne se déprécie pas : le législateur n'admet pas qu'une entreprise déduise, par le détour du loyer, l'équivalent du prix d'un actif non amortissable. L'article 39, 10 du code général des impôts organise donc l'imputation du loyer — frais du bailleur, puis constructions, puis terrain — et refuse la déduction de la fraction affectée au terrain.

L'article 239 sexies I du CGI ferme le dispositif à la sortie. Lorsque le crédit-preneur lève l'option d'achat, il doit réintégrer à son résultat imposable la différence entre la valeur du bien à la signature du contrat et le prix de levée, diminuée des amortissements que l'entreprise aurait pu pratiquer si elle avait été propriétaire dès l'origine. Autrement dit : l'écart entre ce qu'elle a déduit en loyers et ce qu'elle aurait déduit en amortissements et en intérêts.

L'assiette, et ce qui vient en diminution

L'assiette se construit à partir du prix d'acquisition du bien par le crédit-bailleur, du prix de levée d'option, et des amortissements théoriques sur la seule construction — le terrain n'étant jamais amortissable. Plus le prix de levée est bas, plus la réintégration est élevée : le mécanisme corrige exactement l'avantage que procurerait une valeur résiduelle symbolique.

Point décisif et souvent manqué : les quotes-parts de loyers déjà refusées en déduction au titre de l'article 39, 10 viennent en diminution de la réintégration. L'entreprise n'est pas taxée deux fois sur le terrain. C'est pourquoi la réintégration ne peut se calculer sans avoir suivi, année après année, la part de loyer affectée au terrain — et c'est ce suivi que détaille la note de méthode.

Le moment où elle tombe

La réintégration est rattachée à l'exercice de la levée d'option. Elle ne s'étale pas sur la durée du contrat : elle produit son effet en une fois, sur un seul résultat. Sur une opération de quelques millions d'euros, l'impôt supplémentaire de cet exercice peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros, à régler l'année même où la société décaisse le prix de levée.

Deux conséquences pratiques. D'abord, la trésorerie de l'exercice de levée doit être préparée longtemps à l'avance, et pas seulement pour le prix de levée. Ensuite, le choix de l'exercice de levée n'est pas neutre : une année de résultat exceptionnellement élevé n'est pas l'année idéale, et l'existence de déficits reportables change l'arithmétique. Selon le montage et la situation fiscale du groupe, l'arbitrage se pose différemment — c'est un point à instruire avec son expert-comptable, pas une règle générale.

Ce que les simulations disponibles laissent de côté

La plupart des simulateurs de crédit-bail immobilier accessibles en ligne raisonnent en somme de loyers, traitent l'intégralité du loyer comme déductible et s'arrêtent à la dernière échéance. Ils ignorent donc deux choses à la fois : la quote-part de terrain non déductible pendant toute la durée du contrat, et la réintégration de l'article 239 sexies I à la levée.

C'est l'écart le plus coûteux qu'on puisse commettre sur ce type d'opération, parce qu'il joue deux fois dans le même sens : il surestime l'économie d'impôt annuelle et il efface une charge fiscale terminale concentrée sur un exercice. Une comparaison faite sur cette base conclut presque toujours en faveur du crédit-bail, pour de mauvaises raisons — alors que le produit a de vrais arguments, notamment le niveau de fonds propres immobilisés, examiné dans la page consacrée au premier loyer majoré.

Le niveau retenu pour le prix de levée pèse directement sur le montant réintégré : cet arbitrage est détaillé dans la page sur la valeur résiduelle.

Après la levée

Une fois l'option levée, l'entreprise se retrouve dans la situation d'un propriétaire. Le prix de revient fiscal de l'immeuble n'est pas le seul prix de levée : il est augmenté du montant réintégré et des quotes-parts de loyers refusées en déduction. La part construction ainsi reconstituée s'amortit ensuite sur sa durée d'usage résiduelle, le terrain restant hors amortissement. La charge fiscale de l'exercice de levée n'est donc pas une perte sèche : elle se retrouve, plus tard et plus lentement, en base amortissable.

Les ordres de grandeur ne remplacent pas votre cas. Chiffrez votre opération dans le simulateur : coût net actualisé après impôt des deux financements, fonds propres immobilisés et réintégration à la levée d'option.

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