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Le premier loyer majoré : combien prévoir et comment il se déduit

C'est l'équivalent fonctionnel de l'apport, mais il n'en a ni le montant ni le traitement comptable. Sur une opération de local professionnel, l'écart avec un financement bancaire se compte en centaines de milliers d'euros de fonds propres.

À quoi il sert

Le premier loyer majoré est une échéance d'un montant supérieur aux suivantes, versée à la mise en place du contrat. Pour le crédit-bailleur, il remplit la fonction que remplit l'apport pour un banquier : réduire l'encours dès le premier jour, couvrir l'écart entre le prix payé et la valeur de revente du bien en cas de défaillance, et vérifier que le preneur engage ses propres moyens dans l'opération.

Il ne s'agit pas pour autant d'un apport. L'entreprise n'acquiert aucun droit de propriété en le versant : elle paie un loyer d'avance sur un bien dont le bailleur restera propriétaire jusqu'à la levée d'option. Cette différence de nature explique à la fois son traitement fiscal et le fait qu'il puisse rester inférieur à un apport bancaire.

Les ordres de grandeur observés

En pratique, sur des opérations d'immobilier d'entreprise standard, les établissements demandent couramment un premier loyer majoré de l'ordre de 10 à 15 % du montant financé. Ce sont des usages de marché, pas une règle : le niveau retenu dépend de la qualité du bien et de sa liquidité à la revente, de la surface financière du preneur, de la durée du contrat et du niveau de valeur résiduelle demandé. Un local très spécifique ou mal situé se finance à des conditions plus exigeantes qu'un entrepôt standard en zone tendue.

En financement hypothécaire, l'apport demandé se situe plus souvent dans une fourchette de 20 à 30 % du prix, frais d'acquisition généralement à la charge de l'emprunteur en sus. L'écart entre les deux montages n'est pas marginal : sur un local de trois millions d'euros, on compare un ordre de grandeur de trois cent mille euros à six cent mille euros et davantage. C'est cet écart, et non le taux facial, qui constitue l'argument central du crédit-bail — raisonnement développé dans la page sur le coût des fonds propres.

Comment il se déduit

Fiscalement, le premier loyer majoré suit le régime des loyers de crédit-bail : il est déductible, sous la même réserve que les autres échéances. La fraction du loyer qui s'impute sur le terrain, en application de l'ordre d'imputation de l'article 39, 10 du code général des impôts, n'est pas déductible. Comme le premier loyer s'impute d'abord sur les frais supportés par le bailleur puis sur les constructions, il est en général largement déductible, mais il n'échappe pas au mécanisme d'ensemble, dont la contrepartie se manifeste à la levée d'option.

Reste la question de son étalement. Un décaissement important concentré sur le premier exercice ne correspond pas nécessairement à la consommation de la prestation sur la durée du contrat, et l'administration comme la doctrine comptable regardent la substance de l'échéancier. Selon la rédaction du contrat et le rapport entre le premier loyer et les suivants, la charge peut devoir être étalée sur la durée du bail plutôt que déduite intégralement la première année. C'est un point qui dépend du montage : il se tranche sur le contrat réel, avec l'expert-comptable, et non par une règle générale. Le simulateur permet de tester les deux hypothèses d'étalement.

Ce qu'il faut regarder au moment de négocier

Un premier loyer majoré plus élevé réduit les loyers ultérieurs et, mécaniquement, le coût total du financement. Il consomme en revanche immédiatement de la trésorerie, donc de la capacité à mener une autre opération. L'arbitrage n'a pas de réponse universelle : il dépend du rendement que l'entreprise sait obtenir des fonds qu'elle n'immobilise pas.

Il se négocie par ailleurs avec la valeur résiduelle et la durée, les trois paramètres étant liés dans l'équilibre du contrat : voir l'arbitrage entre loyer et prix de sortie. Pour le détail du traitement retenu dans les calculs, la note de méthode expose l'imputation loyer par loyer.

Les ordres de grandeur ne remplacent pas votre cas. Chiffrez votre opération dans le simulateur : coût net actualisé après impôt des deux financements, fonds propres immobilisés et réintégration à la levée d'option.

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